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Raja Yoga : comprendre les niyamas

Les 5 niyamas représentent les codes d’éthique personnel, la discipline et l’hygiène. Ils concernent la discipline personnelle de l’aspirant spirituel et vont l’aider sur le long chemin qui l’attend. Comme les yamas toutes fois, il sont plus orientés vers l’éthique. Ils réduisent les conflits mentaux et les émotions pour tranquilliser le mental de l’individu et préserver son énergie. Les Niyamas sont des principes qui permettent de vivre en développant la bienveillance au quotidien ce qui aura un impact sur les actions, les choix et le comportement de l’individu.

1-Shaucha : La pureté. Cette règle concerne le fait de prendre soin et de nettoyer, le corps, l’esprit, le cœur. Il faut garder le corps aussi pur que possible en prenant des douches, en mangeant une nourriture qui n’est pas frelatée et aussi nutritive que possible. Sinon le corps s’affaiblit et devient sujet aux maladies, un des plus gros obstacles de la pratique. De plus, il est impossible d’orienter le mental vers l’intérieur et poursuivre dans cette recherche quand il est préoccupé par une mauvaise digestion ou des tensions physiques et de la fatigue. La faculté à méditer est en relation directe avec la nourriture absorbée. Si elle est lourde et impure, le mental est moins sensible aux vibrations subtiles, ne dit-on pas aussi que l’intestin est le deuxième cerveau ? Il contient environ 3 millions de neurones, autant que dans celui d’un chien! On comprend bien ici que si le système digestif est alourdi, il ne pourra pas y avoir d’expérience méditative.

2-Santosha : le contentement. Il est primordial de développer une endurance face aux problèmes du quotidien, sans être profondément affligé et rester sérein(e) quoi qu’il arrive. Les aléas de la vie, ses faveurs et ses coups durs provoquent des sautes d’humeurs, et donc des pics du mental. Le mental à la moindre occasion heureuse ou malheureuse, fluctue sans cesse d’une idée à l’autre en passant par un tas d’émotions contraires. Ce comportement rebondissant ne peut permettre l’accès à la méditation. C’est pour cette raison que le contentement est essentiel, il ne s’agit pas là d’une façade extérieure, mais bel et bien d’un état profondément ancré que rien ne peut démonter. C’est facile à dire certes mais pas vraiment facile à mettre en oeuvre! La solution, c’est de travailler les autres branches de yamas et niyamas et aussi les asanas dont les progrès amèneront une satisfaction constante, qui constituera un contentement donc l’acceptation des choses telles qu’elles sont.

3-Tapas : l’austérité. C’est apprendre à diriger son énergie lors d’un jeûne ou d’un vœu de silence par exemple. Ces austérités forgent la volonté et la volonté est absolument indispensable au yoga, car le mental est de nature instable, il détourne l’aspirant des buts qu’il se fixe et amène à faire des choses indésirées et de fait perturbera les méditations. La volonté est pour certain le seul moyen de contrôler le mental.

4-Svadhyaya : l’étude du soi. L’intention ici est l’introspection au travers d’une étude attentive des actions et réactions. Des questions d’ordre analytiques se poseront sur le comportement face à telle ou telle situations ou personne. Par exemple, la colère, à quoi sert t’elle? Pourquoi être attaché particulièrement à certaines choses plutôt qu’à d’autres. C’est une recherche et compréhension de soi. Cette analyse constante est l’apprentissage de la connaissance et la compréhension d’une partie du fonctionnement du mental. Cela amène la conscience de ce qui ne nous convient pas ou plus. Cette observation de soi-même contribue à mieux se connaître, elle sort de l’ignorance qui engendre la passion et la jalousie. Cette étude permettra une plus grande disponibilité pendant les méditations. Elle permettra d’accéder à des plans de conscience et fera surgir à la surface du plus profond, des visions dévoilant ce qui est enfouit dans le subconscient, comme les souvenirs, les peurs, les complexes qui causent des tensions mentales et qui persistent encore à l’ insu du conscient. En prendre conscience c’est avant tout les éradiquer pour profiter d’une méditation de qualité qui ne sera plus entachée de tous réflexes inconscient profondément ancrés.

5-Ishwarapranidhana : L’ abandon à ce qui est plus grand que soi, Dieu ou le cosmos. Ce niyama concerne la conscience suprême ou les personnes qui croient en Dieu. Il préconise que les actions doivent se dédier à cette croyance qui règle nos vies en signe de vénération. C’est un rituel qui contribue à la dissolution de l’égo dans cette conscience suprême. L’égo est toujours la cause des troubles mentaux et émotionnels. L’égo place sur des plans de conscience basiques, il pousse à haïr à se battre et aussi à réduire l’individu en esclavage, par l’attachement aux choses de ce monde et à l’image qu’il a de lui-même. Le succès dans la sadhana résulte de la connaissance parfaite et la compréhension de l’égo. Dès qu’il est transcendé l’égo se tait et les méditations conduisent automatiquement à la réalité. La pratique du karma et du bhakti yoga dans ce niyama prend tout son sens.

On peut considérer que la nature de l’être humain n’est pas parfaite, qu’il est menteur, manipulateur… Etc.… Etc. Et que ces yamas et niyamas sont de vaines tentatives et qui pourraient de plus, produire des effets pervers sur le mental en augmentant les problèmes plutôt que de les réduire… C’est un thème qui a du sens ! Toutes fois, les grands sages affirment tous qu’une nature sincère constitue aussi l’être humain et qu’il y a en lui un désir profond de faire le bien. Toutes ses activités agressives ne seraient qu’une forme de protection, car il est victime de ses propres peurs et parce qu’ au fond il est pauvre et qu’il a subit de mauvais traitement. Consciemment il sent qu’il agit spontanément, mais au niveau du subconscient il en est tout autre. Tous les conflits ont leur racine au niveau du subconscient et provoquent les désordres mentaux dont l’individu souffre. Il ne comprend pas d’où viennent ces problèmes. On retrouve ces conflits entre ce qui est fait dans la réalité et ce que le subconscient voudrait faire dans cette société moderne.
Pour les occidentaux, à moins d’avoir un mental d’acier, il n’est pas facile de commencer une sadhana par les yamas et les niyamas. Parce de par leur culture ils sont déjà sont très mentaux et peu incarnés et veulent souvent tout résoudre par la tête. Les yamas et niyamas les enfermeraient dans ce qu’ils sont déjà, des personnes mentales. Aussi parce que le mental est le plus gros consommateur d’énergie et que se concentrer sur des questionnements aussi intenses, pourrait fatiguer et déstabiliser l’ensemble du système physico-psychique. Il est préférable de commencer la sadhana par les techniques corporelles. En Occident nous avons oubliez le langage du corps et la pratique des asanas, du pranayamas, des bandhas et des mudras permettront à l’individu de discipliner le corps. À partir de cette discipline le mental suivra le corps dans cette démarche et les yamas et niyamas se mettront en place d’eux mêmes. Le mental sera discipliné et prêt à se concentrer sur cette étude.

Rédigé par Anne France saunier tous droits réservés

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