Musique Indienne avec John Boswell

Accueil/Musique Indienne avec John Boswell

john @ tabala
Un grand merci à John Boswel, musicien, compositeur, accompagnateur et professeur de Tablas, pour sa participation au développement des projets de « l’association Yoga Prakash ». Passionné et grand joueur de tablas, érudit de culture indienne.

Introduction aux Tablas

L’Apprentissage des Tablas ainsi que celui de tous les instruments de musique de l’Inde appartient à une méthode que l’on appelle Orale, la transmission de l’information passe par la parole. Pour apprendre on écoute le maitre (Guru) et on essaie de faire comme lui. Cela ne veut pas dire que depuis des générations de transmission maitre-élève (Chéla) chacun joue exactement de la même façon. Au contraire, bien que les compositions restent les mêmes, la manière de les interpréter varie énormément d’une personne à l’autre, car chacun peut s’exprimer à sa manière ; tout comme chacun a sa façon de parler d’écouter et de faire.

Traditionnellement cet apprentissage est ardu et rigoureux. Le futur Tablaïste doit être saint de corps et d’esprit, et sa volonté d’apprendre ne doit pas se laisser envahir par l’ennui ou la paresse. Il doit respecter son instrument, son maitre, et Dieu. Nombreuses sont les légendes de Chélas (élèves) qui passent des heures à l’étude et ne s’arrêtent que pour des besoins essentiels et dorment peu. Le musicien n’utilise jamais de musique écrite (partition), il joue de mémoire ; aussi pour bien mémoriser les nombreuses compositions et règles de jeux , il doit les répéter à de nombreuses reprises et pendant des longs moments.

Les musiques traditionnelles pratiquées aujourd’hui sont vivantes grâce à leur capacité à évoluer avec le temps et avec les styles qui changent.

Le jeux des Tablas par exemple est devenu plus rapide et la tonalité plus aigue. Il est possible grâce aux enregistrements archivés d’entendre les vieux maitres du début du siècle jouant dans un style plus grave et autrement construit.
La musique est une science complexe, et la tache de l’apprendre se complique lorsque cette musique provient d’une culture et d’un pays lointains. Le but de ce schéma est de presenter le jeu des tablas non pas comme une musique étrange pleine de mystères et d’inconnues mais comme une musique semblable aux nôtres si ce n’est avec quelques differences de pratique.

Certaines étapes de cette initiation seront accompagnées de jeux musicaux inspirés des leçons apprises.

Sachant qu’une information qui nous interesse est plus facile à retenir qu’une information qui ne nous interesse pas, il est essentiel qu’un enseignant, ainsi que la matière enseignée, interessent l’élève.
La séance commence par une demonstration et puis…c’est à vous…
Dans un premier temps, de par le regard et l’écoute, on essaie de faire comme le prof’, instinctivement. Puis en découvre l’instrument, ses origines, sa fabrication, ainsi que les matières qui le composent et leurs noms.
Ensuite on découvre les sons, leurs noms ou leurs onomatopés ; TA , GE, NA, KITATAKA, TUN, DHA, TETE, KAT, GE ,GIN, KRAN, et bien d’autres. On appelle les sons, les ‘Bols’, ce qui veut dire en Hindi : ‘Les Mots.’ Il est interessant de remarquer que le mot ‘Tabl’ en Arabe veut dire ‘Parole’, on peut dire que les Tablas sont des tambours qui parlent.
L’apprentissage des frappes est la suivante :
On commence par les frappes ouvertes ou résonnantes : tuna gina tagé nagé .. Rien qu’avec ces quelques sons on peut déjà entrer dans la musique . Ensuite les sons fermée kat , ki, tété , tirakita , tirakitataka, kitataka , geranaga, déredére, et petit à petit on rentre dans le répertoire des compositions traditionnelles du ‘Benarsi Gharana‘ ou « La Maitrise de Benares » avec Dha Dha tété Dha Dha tun na…

La musique indienne n’est pas écrite, le musicien joue de mémoire il peut improviser, ou plutôt « broder » autour des compositions.

Le temps reste en revanche très strict. Le temps n’est pas mesuré comme sur du papier à musique où les barres des mesures défilent jusqu’à la fin du morceaux ; il apparait plutôt comme un cycle, une roue des temps qui se forme et se reforme. Les savants y donnent une notion philosophique correspondant au cycle éternel de la vie, de la mort et de la renaissance.
Il y a des cycles de différentes durées, les plus communs étant les cycles à 16, 10, 14, 12, 6, 8, 7 temps, chacun ayant son nom ainsi que sa propre identité rythmique et sonore. La tradition dit qu’il y a à la base le temps qui tourne ( Tala ), et les rythmes que l’on joue à l’intérieur (Laya).

Nous allons découvrir les différents Tala’s et Laya’s et même créer les nôtres.

A ce stade il y a beaucoup de matière, ce qui va nous permettre de faire des jeux musicaux, et d’apprécier l’universalité de ce système musical.
La plupart du temps le tablaïste joue un rôle d’accompagnateur, mais quand le tablaïste joue en solo, il est à son tour accompagné d’une mélodie que l’on appelle une LAHERA. Nous allons apprendre une Lahera , mais tout d’abord, il serait nécessaire de parler un peu de la musique.
Nous avons en occident les notes Do Ré Mi Fa Sol La Si en Inde on les appelle Sa Ré Ga Ma Pa Da Ni
– un Dièse correspond à Tivra (haut)
– un Bémol correspond à Komal (bas)
– un Bécar correspond à Shud (véritable)
En occident la distance entre les notes, comme par exemple sur une piano, est toujours la même, tandis que dans la musique Indienne cette distance varie selon les modes et leurs harmonies.

Contactez-nous pour montez votre programme alliant cours de Yoga et cours de Tablas.